ANTHOLOGIE DU SECRET
Quelques poèmes publiés par la revue

JUAN RAMON JIMÉNEZ
Toi secret filon, rosediamant
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Dieu, tu t'es offert à moi,
épanoui
Et soudain, maintenant, te fermes-tu pour
moi
Non, non, je sais qu'il n'en est rien,
Oui, je le sais, je sais, dieu refermé,
Juan Ramôn JIMÉNEZ (1881-1958) |
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ALPHONSE DE LAMARTINE
La
Gloire
À un poète exilé
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Généreux favoris des filles de Mémoire,
Ton sort, ô Manoël, suivit la loi commune ;
Rougis plutôt, rougis d'envier au vulgaire
Les siècles sont à toi, le monde est ta
patrie.
Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre
Oui, la gloire t'attend ; mais arrête, et
contemple
Ici c'est un vieillard que l'ingrate Ionie
Là le Tasse, brûlé d'une flamme fatale,
Partout des malheureux, des proscrits, des
victimes,
Impose donc silence aux plaintes de ta lyre
:
Que t'importe, après tout, que cet ordre
barbare
Ni l'exil, ni les fers de ces tyrans du
Tage,
Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand
homme :
Aux rivages des morts avant que de
descendre,
Alphonse de Lamartine.
(Poème extrait de Premières Méditations Poétiques). |
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VICTOR HUGO
Ave, Dea; Moriturus te Salutat
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12 juillet 1872
La mort et la beauté sont deux choses
profondes
Ô femmes, voix, regards, cheveux noirs,
tresses blondes,
Judith, nos deux destins sont plus près l'un
de l'autre
Et moi, je sens le gouffre étoilé dans mon
âme ;
Toute la lyre. XXXIV |
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JUAN RAMÔN
JIMÉNEZ
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Ô temps, donne-moi ton
secret, Jour après jour, moindre Temps sans traces :
Éternités (1918)
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ALEXIS FÉLIX
ARVERS
Sonnet
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Mon âme a son secret,
ma vie a son mystère, Hélas! j'aurai passé
près d'elle inaperçu, Pour elle, quoique Dieu
l'ait faite douce et tendre, À l'austère devoir
pieusement fidèle,
Mes heures perdues
(1833) . |
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ALFRED DE
MUSSET
Sonnet
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Lorsque j'ai lu
Pétrarque, étant encore enfant, Lui seul eut le secret
de saisir au passage Ô vous qui m'adressez
une parole amie, J'ai le coeur de
Pétrarque et n'ai point son génie;
Poésies nouvelles . |
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